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La Perruche à Collier

Perruche à collier : bien la connaître avant de l'accueillir
Alimentation, rythme de vie, aménagement de la cage et statut légal particulier de cette espèce à la fois domestique et classée invasive en France. Les bons gestes pour son bien-être, et les signes qui doivent alerter.

Le Saviez-Vous ?

La perruche à collier (Psittacula krameri) vit aujourd'hui à l'état sauvage dans plusieurs grandes villes françaises (Paris, Marseille, Toulouse, Lyon...), en colonies issues d'oiseaux échappés ou relâchés depuis les années 1970-1980. Ces populations installées en milieu urbain n'ont rien à voir avec les origines naturelles de l'espèce, présente à l'état sauvage en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud.

Les Bases de connaissances 

Et la loi ?


Seule la sous-espèce perruche à collier d'Asie (Psittacula krameri manillensis), dans ses variétés domestiques, est inscrite sur la liste des animaux domestiques (arrêté du 11 août 2006). Un oiseau issu de cette lignée peut donc être détenu librement par un particulier, sans démarche.

En revanche, l'espèce Psittacula krameri dans son ensemble est classée espèce exotique envahissante par un arrêté du 14 février 2018 : son introduction dans le milieu naturel est interdite, ce qui signifie concrètement qu'il est interdit de la relâcher ou de la laisser s'échapper volontairement. Pour les variétés non domestiques, la détention est soumise à simple déclaration jusqu'à 75 individus ; au-delà, un certificat de capacité et une autorisation d'ouverture sont nécessaires. Ce point mérite d'être confirmé, en particulier la distinction entre variétés domestiques et non domestiques, difficile à établir avec certitude pour un propriétaire non spécialiste.

Ce que cela signifie en pratique pour une garde : une cage bien fermée et une vigilance particulière lors des sorties en intérieur (fenêtres, portes) ne sont donc pas qu'une question de sécurité pour l'oiseau, mais aussi une obligation légale liée à son statut d'espèce invasive.


Origine et mode de vie


La perruche à collier est un perroquet de taille moyenne, au plumage vert vif et à la longue queue effilée, originaire des savanes et forêts claires d'Afrique subsaharienne et du sous-continent indien. C'est une espèce grégaire, qui forme dans la nature de grands groupes, en particulier autour des dortoirs communs en fin de journée. Son espérance de vie en captivité est longue, souvent 20 à 25 ans, parfois davantage.


Comprendre son besoin


  • C'est une espèce très sociale et grégaire : elle vit mal l'isolement prolongé et a besoin d'un congénère ou d'une interaction humaine quotidienne importante.

  • C'est un oiseau qui vole : le vol est un besoin d'exercice et d'équilibre comportemental essentiel.

  • Son bec est puissant : contrairement aux petites perruches, elle est capable de ronger du bois dur et même certains métaux tendres, ce qui doit être anticipé dans le choix des équipements.

  • Elle a un système respiratoire très sensible, comme tous les oiseaux.

  • Elle est vocale et peut être bruyante, en particulier en fin de journée, un trait naturel lié à son comportement de groupe.


Rythme de vie et repos


  • Activité diurne, avec des pics le matin et en fin d'après-midi.

  • Sommeil : environ 10 à 12 heures par nuit, dans le calme et l'obscurité.

  • Calme : elle a besoin de tranquillité la nuit, à l'abri de la lumière artificielle tardive et des bruits soudains.


Quelques signaux à connaître


  • Cris répétés en fin de journée : comportement naturel lié au rassemblement de groupe dans la nature, pas nécessairement un signe de mal-être.

  • Grincement du bec : signe de détente.

  • Plumes légèrement soulevées sur le dos, posture détendue : bien-être.

  • Bec ouvert, poursuite, morsure défensive : agacement ou défense, en particulier chez le mâle en période de reproduction, où le comportement peut devenir plus territorial.

  • Plumes gonflées en permanence, même hors du sommeil : peut indiquer un inconfort.

  • Arrachage de plumes répété : peut avoir plusieurs origines (ennui, stress, environnement inadapté) et justifie un avis vétérinaire, sans qu'on puisse en déterminer la cause sans examen.


Habitat et bien-être


  • Une grande cage ou volière, plus spacieuse que pour une perruche ondulée ou une calopsitte compte tenu de sa taille, avec des barreaux solides et bien fermés (elle peut les tordre avec son bec puissant) : point de sécurité à la fois pour son bien-être et pour éviter toute évasion, compte tenu de son statut d'espèce invasive.

  • Sorties quotidiennes hors cage, dans une pièce sécurisée : fenêtres et portes fermées avant l'ouverture de la cage, miroirs signalés (risque de collision), autres animaux tenus à distance, plantes toxiques hors de portée, poêles et appareils en revêtement antiadhésif jamais chauffés à vide en sa présence.

  • Air ambiant : pas de fumée de cigarette, de bougies parfumées, d'encens, d'aérosols ni de désodorisants dans la pièce où elle vit.

  • Jouets et occupation : bois dur non traité à ronger (adapté à la puissance de son bec), jouets solides à manipuler et à détruire, jeux d'intelligence pour limiter l'ennui.

  • Rythme jour/nuit régulier : housse de cage ou pièce sombre la nuit.

  • Bain : une coupelle d'eau tiède ou une légère brumisation quelques fois par semaine.

  • Température : elle supporte des températures ambiantes de maison classiques, mais mal les courants d'air et les écarts brusques.


Manipulation et interaction


  • Approcher calmement, en parlant doucement, et laisser l'oiseau venir vers la main plutôt que de le saisir.

  • Le contact « doigt » se travaille progressivement chez un individu habitué, sans le forcer ; certains individus, en particulier les mâles adultes en période de reproduction, peuvent se montrer plus mordants.

  • Manipulation encadrée pour les enfants, en tenant compte du bec puissant de cette espèce, plus marquant que chez une petite perruche.

  • Contrôle quotidien : appétit, eau, respiration, fientes, comportement, état du plumage, cire. Une pesée régulière permet de repérer une perte de poids.


Cohabitation


  • Une perruche à collier seule a besoin d'une interaction humaine quotidienne conséquente ; à défaut, la compagnie d'un congénère est recommandée.

  • La cohabitation avec des oiseaux de taille très différente doit être surveillée, en raison de son bec puissant.


Les erreurs à éviter


  • Ouvrir la cage sans avoir vérifié que fenêtres et portes de la pièce sont fermées.

  • Un régime composé uniquement de graines, sans légumes ni granulés adaptés.

  • Chauffer une poêle ou un appareil en revêtement antiadhésif à proximité de l'oiseau.

  • Fumer, utiliser des bougies parfumées, de l'encens ou des aérosols dans la pièce.

  • Une cage ou des barreaux trop fragiles pour son bec.

  • Un manque de repos nocturne.

  • Forcer le contact ou saisir l'oiseau brusquement, en particulier un mâle en période de reproduction.

  • Donner un médicament sans avis vétérinaire.

  • « Attendre pour voir si ça passe » quand elle ne mange plus.


Le signal d'alerte : quand consulter ?


Contacter sans attendre un vétérinaire aviaire si la perruche :

  • ne mange plus ou reste prostrée, plumes gonflées en permanence même en dehors du sommeil ;

  • respire la bouche ouverte, avec des mouvements de la queue à chaque respiration, ou fait un bruit respiratoire ;

  • a été exposée à une poêle ou un appareil antiadhésif surchauffé, à de la fumée ou à un aérosol (urgence, même sans signe immédiat) ;

  • a du sang dans les fientes, ou des fientes qui changent nettement d'aspect de façon durable ;

  • perd du poids ou a le bréchet (sternum) qui devient très saillant au toucher ;

  • boite, ne pose plus une patte, ou a une aile qui pend anormalement ;

  • s'arrache les plumes de façon répétée ou présente des zones dénudées ;

  • a un écoulement au niveau des yeux, du bec ou des narines.


Ces signes peuvent avoir de nombreuses causes. Seul un examen en clinique, idéalement par un vétérinaire spécialisé en oiseaux, permet de poser un diagnostic et un traitement.

La Base de L' alimentation

Alimentation


La perruche à collier est granivore, frugivore et herbivore à l'état naturel. Comme chez les autres psittacidés, un régime composé uniquement de graines est déconseillé, car trop gras et déséquilibré.


Base de la ration


  • Un aliment extrudé (granulés) complet spécifique perruche/perroquet de taille moyenne, complété par un mélange de graines de qualité en quantité limitée.

  • À défaut d'extrudés, le mélange de graines doit impérativement être complété chaque jour par des légumes frais et quelques fruits pour éviter les carences documentées chez les oiseaux nourris aux graines seules.

  • Quantité indicative : environ 2 à 3 cuillères à soupe de mélange par jour pour un adulte, à adapter à l'individu et aux conseils du vétérinaire aviaire.


Eau fraîche


  • Toujours disponible, changée chaque jour.

Les Compléments alimentaires

Légumes, verdure et fruits (chaque jour)


  • Brocoli, carotte (avec les fanes), poivron, courgette, épinard (en petite quantité), pissenlit, mâche, persil.

  • Pomme (sans pépins), poire, banane, myrtille, melon, grenade.


Compléments


  • Un os de seiche ou un bloc minéral à disposition permanente.

  • Des branches fraîches non traitées (noisetier, pommier, saule) à ronger, utiles aussi bien pour l'occupation que pour l'entretien du bec puissant de cette espèce.

A ne Jamais Donner 

À ne jamais donner


  • Avocat : toxique pour les oiseaux, y compris en petite quantité.

  • Chocolat, caféine, alcool.

  • Alliacées : ail, oignon.

  • Persil en grande quantité, rhubarbe, feuilles de tomate et de pomme de terre.

  • Noyaux et pépins de pomme, poire, cerise, abricot, pêche, prune.

  • Champignons, sel en excès, aliments très sucrés ou très gras.

  • Produits laitiers en grande quantité.

  • Plantes toxiques (liste non exhaustive, à valider) : muguet, digitale, laurier-rose, if, buis, rhododendron, philodendron, dieffenbachia.

⚠️ Avertissement Légal & Déontologique

Les informations présentes sur cette fiche sont fournies à titre informatif et éducatif pour accompagner les propriétaires dans la compréhension des besoins biologiques et éthologiques de leurs animaux.

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  • Absence de Diagnostic : Ces conseils ne constituent en aucun cas un diagnostic vétérinaire. Seul un vétérinaire ayant examiné physiquement l'animal est habilité à établir un diagnostic et à prescrire un traitement adapté.
     

  • Urgence Vitale : En cas de changement brutal de comportement, de perte d'appétit ou d'apathie, contactez immédiatement un service d'urgence vétérinaire.
     

  • Responsabilité : L'entreprise Flonimaux décline toute responsabilité quant à une mauvaise interprétation de ces fiches.

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